Diversifier ou décliner :Un argument en faveur de l’appui aux entrepreneurs noirs

Source: Black Entrepreneurship Knowledge Hub, 2025, "Black Entrepreneurship in Canada: Results and Insights from the 2024 BEKH National Survey | Entrepreneuriat des communautés noires au Canada: Résultats et perspectives de l'étude nationale du CSEN de 2024", https://doi.org/10.5683/SP3/UMZTVG, Borealis, V1

Au cours des derniers mois, deux vérités sont devenues incontestables : la diversification est synonyme de sécurité, et le Canada a un besoin urgent de nouveaux partenaires commerciaux. Cette fête du Canada survient dans un contexte marqué par des tensions dans la relation commerciale avec notre principal partenaire, les États-Unis. Les récentes menaces de tarifs et les mesures protectionnistes ont mis en lumière les risques liés à une trop grande dépendance à un seul marché. Comme environ 75 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis, le besoin de diversification des échanges n’a jamais été aussi évident.
 
Heureusement, le Canada dispose déjà des personnes et des réseaux nécessaires pour y parvenir. La plus vaste et la plus récente étude sur l’entrepreneuriat des communautés noires, réalisée par le Carrefour du savoir pour l’entrepreneuriat des communautés noires (CSEN), a révélé un secteur débordant d’intelligence, de jeunesse, d’énergie, d’optimisme et, surtout, de diversité, de liens internationaux et d’un potentiel encore inexploité. Les entrepreneurs noirs au Canada représentent plus de 60 pays de naissance, dont la majorité ont des racines en Afrique et dans les Caraïbes. Bon nombre d’entre eux établissent déjà des relations d’affaires au-delà de nos frontières, en particulier avec ces régions à forte croissance.
 
À un moment où le Canada doit établir de nouveaux liens commerciaux, ces entrepreneurs pourraient devenir des ponts naturels vers les marchés émergents. Des analyses de Marchés des capitaux CIBC et de l’Institute for Competitiveness & Prosperity indiquent que la faible présence du Canada sur les marchés à forte croissance en Afrique, en Asie et en Amérique latine contribue à la diminution de notre part dans le commerce mondial. Pourtant, au sein même de nos frontières se trouve une communauté qui est particulièrement bien placée pour aider le Canada à se diversifier, si nous choisissons d’y investir.
 
L’étude du CSEN souligne que, bien que les entreprises noires soient de plus en plus connectées sur le plan numérique et optimistes quant à l’avenir, elles restent sous-financées et insuffisamment appuyées. Beaucoup ignorent l’existence des programmes gouvernementaux ou se heurtent à des obstacles pour accéder au financement. Ces barrières limitent leur capacité à croître, à innover et à se développer à l’international au rythme dont elles sont capables.
 
Si le Canada veut réellement réduire sa dépendance envers les États-Unis et renforcer ses liens avec les marchés émergents, le soutien aux entrepreneurs noirs doit faire partie de la stratégie. Ces propriétaires d’entreprises possèdent déjà la maîtrise culturelle, les réseaux et la connaissance des marchés nécessaires pour aider le Canada à établir et à développer des relations commerciales là où nous en avons le plus besoin.
 
Une occasion en or se présente à nous. L’avenir commercial du Canada peut être plus résilient, plus innovateur et mieux connecté à l’échelle mondiale, mais seulement si nous exploitons pleinement le talent et le potentiel de notre communauté entrepreneuriale. La voie est claire : investir dans les entrepreneurs noirs, éliminer les obstacles auxquels ils font face et collaborer avec eux pour bâtir les ponts commerciaux dont le Canada a si urgemment besoin.

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