Comprendre ce que nous disent les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires

…et ce que cela signifie pour la suite

Chaque année, une fois la période des impôts terminée et la planification des mois à venir amorcée, des décisions sont prises quant à ce qu’il faut financer, développer ou laisser de côté. Ces décisions influencent les entreprises qui prennent de l’ampleur, les idées qui avancent et les communautés qui bénéficient d’investissements durables.

Pour les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires à travers le Canada, le défi ne réside pas dans un manque d’efforts ou d’impact. Il tient plutôt au fait qu’une grande partie de cet impact n’est pas consignée de manière à éclairer ces décisions.

Pour beaucoup, cela se manifeste de façon familière. Ils participent à un programme, remplissent un sondage, partagent leur expérience, puis recommencent ailleurs. Au fil du temps, cela génère un flux constant d’information, sans nécessairement produire une compréhension commune de l’entrepreneuriat des communautés noires à l’échelle du pays. Comme l’explique la Dre Muna Osman, scientifique principale de la recherche au Carrefour du savoir pour l’entrepreneuriat des communautés noires (CSEN), une grande partie des données recueillies demeure liée à des programmes précis. Il devient alors difficile de dégager des tendances, de cerner ce qui fonctionne ou de raconter une histoire plus large de l’impact.

Pour les entrepreneurs et entrepreneures, l’expérience peut sembler répétitive. Ils partagent leur point de vue, sans toujours voir clairement comment celui-ci s’inscrit dans un ensemble plus vaste ni comment il influence la suite.

Pour les organisations qui les soutiennent, cela pose un défi concret. Elles recueillent des renseignements précieux, mais souvent selon des approches et des objectifs différents. Par conséquent, ces informations ne s’assemblent pas toujours de manière à refléter clairement ce que vivent les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires dans leur ensemble ni ce qui fonctionne pour eux.

La Dre Kate Ruff, experte en mesure de l’impact et directrice générale et responsable de la recherche à Common Approach, une initiative canadienne visant à améliorer la façon dont les organisations mesurent et communiquent leur impact, observe cette réalité sur le terrain.

« Chaque nouveau bailleur de fonds ou réseau apporte souvent son propre ensemble d’indicateurs », explique-t-elle. « Les organisations finissent par mesurer des éléments différents pour des publics différents. » Il en résulte un système où l’information existe, sans toujours se traduire en meilleures décisions.

À l’heure actuelle, le portrait de l’entrepreneuriat des communautés noires au Canada se construit encore. Il se dessine à partir d’expériences individuelles, de programmes locaux et de moments de visibilité qui ne sont pas toujours reliés entre eux. Une approche plus coordonnée des données permet de changer cela. Elle crée les conditions nécessaires pour raconter une histoire qui reflète non seulement des réussites isolées, mais l’ampleur de ce qui est en train de se bâtir.

« Il s’agit de construire un récit collectif de l’impact », souligne la Dre Osman. « Un récit qui reflète ce qui se passe réellement dans les communautés, au fil du temps. »

Ce récit ne se limite pas à décrire le présent. Il contribue à orienter la suite.

Il influence la manière dont les futurs entrepreneurs se perçoivent et ce qu’ils estiment possible. Il façonne aussi l’évolution des mécanismes de soutien et la création de nouvelles possibilités. Il participe enfin à une meilleure compréhension du rôle que jouent les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires au sein des collectivités et dans l’économie canadienne.

Les entrepreneurs et entrepreneures ne devraient pas avoir à se soucier des systèmes de données pour que leur travail soit reconnu.

Cependant, ces systèmes jouent un rôle discret dans ce qui est visible, soutenu et appelé à progresser.

Et lorsque davantage d’éléments de cette réalité deviennent visibles, il devient plus facile de reconnaître non seulement où en est l’entrepreneuriat des communautés noires aujourd’hui, mais aussi ce qu’il peut devenir.

Participer

Pour les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires
Si vous souhaitez que votre expérience contribue à orienter la suite, vous pouvez vous inscrire à la Carte de l’Écosystème de l’Entrepreneuriat Noir (CEEN). Par l’entremise de la CEEN, vous aurez l’occasion de contribuer directement au panel national de recherche sur les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires et de faire en sorte que votre voix soit prise en compte dans les données qui éclairent les décisions futures.

Pour les organisations qui soutiennent les entrepreneurs et entrepreneures des communautés noires
Si vous souhaitez utiliser les données de manière plus efficace afin de mieux comprendre votre impact, renforcer vos programmes et contribuer à un portrait plus clair de l’entrepreneuriat des communautés noires au Canada, nous vous invitons à communiquer avec le CSEN.

 

Ce que vous avez contribué à construire jusqu’à présent

Découvrez comment tout se concrétise dans la recherche.

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